Jean-Sébastien Bach – Le Clavier bien Tempéré BWV 846-869 (Gould)

Exit l’ambiance clavecin au coin du feu, revoici l’avaleur compulsif de touches noires et blanches, monstre de vitesse et de clarté, entre déliés fougueux et fredonnement contrapuntique. Une partition de Bach n’est a priori pas un lieu d’aisance, pourtant lorsque Gould s’en charge on dirait que ça devient du jazz. Sa façon de faire cavaler ces 48 préludes et fugues, surtout quand on les connaît déjà dans une version plus académique, me fait penser à une danse légère, pieds nus dans de la poudreuse. Nous sommes dans la vision du monde selon Gould, la glace vient de se briser sous le poids d’une avalanche aérée, invisible, un rideau de milliards de flocons qui ne se toucheront jamais. C’est doux et c’est pointu, idéal pour pénétrer la bulle Glenn.