Jean-Michel Jarre – Zoolook

Paru en 1984, Zoolook est un geste unique dans l’œuvre de Jarre, et s’il ne fallait conserver qu’un seul album ce serait celui-là. Composé de samples ethniques récoltés à travers le monde, les collages font mouche dès Ethnicolor I marqué par une certaine solennité, complété par la guitare slappée d’Adrian Belew dont la présence est étonnante tout au long du  disque… Il pleuviote sur Diva où la voix de Laurie Anderson continue de m’échauffer les sens, suivie de la détonation pêchue de Zoolookologie, galvaudée hélas par le Zénith de Canal+ pendant plusieurs années… La descente d’astronef de Wooloomooloo préfigure Rendez-vous et m’évoque Hooverphonic ; Zoolook étant un autre classique des génériques télévisés et précurseur de Hugues Le Bars… On rebondit dans la jungle de Blah-Blah Cafe avant la sortie en Ethnicolor II, une vignette discrète au clapotis japonisant… Tribal et aérien, le langage de Zoolook se rapproche autant de Medúlla que de Beaver & Krause, voire de Magma. Assimilable à de la world music deux ans avant Graceland, c’est enfin le dernier disque de Jarre dont la pochette soit remarquable, signée Mark Fisher.