Jean-Michel Jarre – Les Chants Magnétiques

En 1981, pour son troisième album et dans la foulée de The Art of Noise ou Kate Bush, Jarre s’approprie l’échantillonneur Fairlight CMI, dont il fait un usage brillant sur la Part 1 des Chants Magnétiques en alignant des vignettes pétillantes et millimétrées, liées par une rythmique lumineuse suivie de voix éparses préfigurant Zoolook ; jusqu’à l’arrivée inopinée du premier leitmotiv, bluffante là aussi. Ça dure 17 minutes mais on dirait l’infini, c’est pour moi le meilleur titre de toute l’œuvre du Lyonnais… La Part 2 en fait trop à l’exception des effets liés au chemin de fer, dont je ne me lasse pas et qui conduisent à l’intime Part 3, où Jean-Michel nous sert un roulis de bois mouillé sur chute d’arpèges doux. Ensuite on ondule entre monts et dunes (Part 4) au gré de synthés répartis avec brio, jusqu’au train que l’on entend venir de loin et qui emporte tout… L’album se termine avec une rumba désuète (Part 5) à laquelle je n’ai jamais adhéré, mais on peut l’enlever sans que l’album n’en pâtisse car même réduits à 33 minutes, Les Chants Magnétiques sont fertiles.