James Blake – Overgrown

Né à Londres en 1988, James Blake est le fils d’un des membres du groupe Colosseum, pionnier dès 1968 du rock progressif. Son premier cd éponyme paraît en 2011, mélange de piano, synthé glacé et boîte à rythmes annonciateur de l’album Overgrown, que j’ai découvert grâce au podcast All Songs Considered. Dans Overgrown, l’intimité s’installe d’emblée. Entre des claviers discrets et une rythmique en sourdine, la voix de James Blake s’insinue sans résistance, déroulant le fil de sa propre mélancolie. Réverbérée sur I am Sold, décorée de nostalgie avec Life Round Here ; audacieuse en duo avec le rappeur RZA, comme une diversion avant d’asséner un coup de maître sur Retrograde, qui semblait reprendre l’histoire où on l’avait laissée ; et pourtant… Il y a un avant et un après la première écoute de ce morceau charnière, coup de poignard d’une amplitude dévastatrice. Ensuite, de DLM à Digital Lion auquel a participé Brian Eno, le piège peut bien se refermer ; avec une piqûre de rappel sur Voyeur… On en sort intimidé, par la petite porte comme une souris qui a eu de la chance.