Jacques Brel – Olympia 1961

En octobre 1961, Brel remplit l’Olympia et propose à son public pas moins de six chansons inédites, et non des moindres : Les Bourgeois, Les Paumés du Petit Matin, La Statue, Zangra, Les Biches et Madeleine ; que l’on retrouvera l’année d’après sur son album Les Bourgeois. Restons sur ce titre emblématique, car si l’on fait semblant de le découvrir en même temps que le public, on ne peut s’empêcher d’applaudir avec lui lorsque pour la première fois, Brel insinue sa fameuse rime trouée : « plus ça devient vieux, plus ça devient… » Une histoire en trois actes, imparable comme il sait les concocter, mariant à sa repartie un sens du crescendo redoutable, comme sur Les Biches qui sont nos ennemies de 15 ans à « trop longtemps… » Il en va de même pour la mésaventure à la Dino Buzzati du général Zangra, sans oublier Madeleine qui n’arrive pas, enfin jusqu’à demain… De la vie à l’ennui, entre espoir et dérision, amour et parodie, ce concert incarne à merveille la thématique brelienne ; avec en prime ce supplément d’âme qu’il insufflait à chacune de ses performances, comédien né autant que poète et musicien, produisant un alliage jamais égalé.