Jacques Brel – Jef

Ce cd reprend les albums Ces gens-là et Jacques Brel 67, et s’ouvre sur Jef le ténébreux, le lunaire, le poivrot… Suit la lente marche des Désespérés, accompagnés jusqu’à leur dernier pont par un piano moite ; L’Âge Idiot où l’on passe de vie à trépas sur un air de fanfare militaire ; l’attente inconsolable de Quand Maman Reviendra ; Fernand ou la plus mauvaise blague du monde (elle me fait chialer à tous les coups) : Brel est à l’apogée de son inspiration, et si Titine, Grand-Mère ou la seconde versions des Bonbons nous arrachent un sourire, Ces Gens-Là et Mon Enfance nous ramènent au cœur du drame humain, des sentiments universels où rien n’est falsifié. Arrangées par François Rauber, la parenté entre ces chansons est proche, pourtant chacun a sa tonalité propre, un bal de trompettes pouvant succéder à des violons en sourdine… Et puis le piano de Gérard Jouannest n’est jamais loin, opérant comme un liant au sein d’un disque qu’il est impossible d’interrompre une fois déposé sur la platine ; qui nous laisse épuisés mais également plus vivants, comme après un effort surhumain.