Jacno – La Part des Anges

Paru en 1998, le cinquième album de Jacno est un chef-d’œuvre. La Part des Anges immerge d’emblée dans un tourbillon carillonnant, avant Je Viens d’Ailleurs où piano et synthé sont à l’unisson d’un grand moment de poésie, la voix de Jacno accompagnée d’Edith Fambuena. Une symbiose à frémir, réitérée avec Pour Seule Mémoire ou le portrait d’un homme exacerbé ; entre les deux se sont glissés un tendre vacarme amoureux (Sans un Bruit) et la double interprétation de Je Vous Salue Marie, prière synthétique aussi improbable que captivante, la seconde étant en latin. La sieste coquine d’On s’absentera procède elle aussi par écho et Mort Pour la Vie est un hymne au temps présent, suivie de l’énumération proverbiale de Je ne suis pas Toujours de mon Avis, où Bashung n’est pas loin… On croit terminer avec O.A.O, instrumentale electro écrite pour l’inauguration du Stade de France, lorsqu’après une minute de silence, caché dans le noir surgit Le Sud de Nino Ferrer, le temps d’une reprise à découvert… Le son et les mots, l’articulation entre les morceaux : tout est unique dans ce disque à écouter en fin de soirée, peut-être après Jean Bart ou Gérard Manset.