Herbie Hancock – Sextant

Composé quatre ans après Fat Albert Rotunda, Sextant boucle une trilogie d’albums avant-gardistes où Hancock a doctement mélangé jazz fusion et lichettes électroniques, pour un résultat à peu près aussi périlleux que The End of an Ear… Trois longs morceaux constituent cette expérience : Rain Dance où les effets sonores se succèdent en dignes précurseurs des collages de Avant Hard ; Hidden Shadows et ses rasades de mellotron que sirotera tout amateur de King Crimson avant de se laisser entraîner dans une impro de trompettes cavalant dans un fourbi funk ; la dérive se poursuivant avec Hornets où l’on imagine bien un frelon mourir d’épuisement, baladé entre les courants contraires sévissant au milieu du studio… À écouter pour découvrir ce que le jazz offrait alors de plus innovant, Sextant laisse un arrière-goût pâteux dans la bouche.