Herbie Hancock – Head Hunters

En 1973, après les égarements audacieux de Sextant, Hancock synthétise sa verve dans un album qui fera date, Head Hunters du nom donné à la nouvelle formation dont il s’est entouré pour l’occasion ; qui va inspirer une génération de hip hoppers de Dr. Dre à RZA… Le premier quart d’heure est Chameleon, traversé par sa célèbre ligne de basse exécutée sur un clavier ARP Odyssey et suivi par un gracieux solo au piano Rhodes ; un périple enthousiaste où les percussions de Bill Summers et Harvey Mason, le saxo de Bennie Maupin ne laissent aucune place à l’ennui… Non moins fameux, Watermelon Man démarre par des sifflements dans des bouteilles doublés par la basse de Paul Jackson ; coucous et flûtes, petits cris se chargeant d’installer une ambiance équatoriale qui donne envie de danser comme James Brown… La folie funk s’emparant de Sly me rappelle Roy Ayers et Vein Melter revêt une tonalité pastel, de sonorités ambient où se télescopent une foultitude de moments doux… Avec son masque ivoirien en couverture affublé d’un vu-mètre, Head Hunters est une porte grande ouverte à la découverte du jazz.