Gustav Mahler – Das Lied von der Erde/Drei Rückert-Lieder

En 1907, Gustav Mahler se sait condamné par la maladie lorsqu’il adapte Le Chant de la Terre à partir de poèmes chinois, entre autres signés Lǐ Bái… Une Chanson à Boire ouvre la danse avec le ténor Julius Patzak, don-quichottesque suivie de L’Esseulé en Automne où la contralto Kathleen Ferrier accompagne un voyageur en quête de soleil pour sécher ses larmes. La voix s’étrangle et les flûtes suivent, « Dunkel ist das Leben, ist der Tot… » Filles et garçons se rencontrent le temps De la Beauté, elles cueillant des fleurs et eux chevauchant des montures intrépides ; puis L’Homme ivre au Printemps maudit sa peine, titube avant de saluer un oiseau… On prend la montagne sur L’adieu avant de s’effacer derrière la beauté du monde, une poignée de strophes égrenées dans une lenteur infinie, où le chant domine et l’orchestre est un fond de tarte… Tant de  poésie s’appréhende grâce au livret où les textes ont été traduits, sur ce cd paru chez Decca en 2000 et où figurent aussi trois chants adaptés de Friedrich Rückert, composés en 1902 et où l’on retrouve L’Étranger au Monde repris dans Coffee and Cigarettes de Jim Jarmusch. Un disque poignant et qui se mérite, à écouter sans précipitation.