a-ha – Scoundrel Days

« Aha ! » signifiant l’étonnement dans presque toutes les langues, les Norvégiens Pal Waaktaar-Savoy, Morten Harket et Magne Furuholmen l’adoptèrent pour cette raison… Paru en 1986, Scoundrel Days compte parmi ces albums qui ont bercé mon adolescence à base de K7 Maxell chrome, racheté vingt ans plus tard par pure nostalgie… Comparé à d’autres groupes des années 80, a-ha n’a pas trop mal vieilli et je lui reconnais un sens de la mélodie qui ne cède pas à la facilité, The Swing of Things et We’re Looking for the Whales sortant du lot. A cet égard, ce second disque me semble plus profond que le premier, trop marqué par les tubes qui ont fait la renommée de a-ha : Take on Me et The Sun Always Shines on T.V… Le livret reproduit l’ensemble des paroles, agrémenté de photographies signées Knut Bry.

Dominique A – La Fossette

Né à Provins en 1968, Dominique A monte son premier groupe à 17 ans, et le baptise John Merrick en hommage à Elephant Man, le film de David Lynch. La Fossette est son premier album si l’on excepte Un disque sourd, une maquette autoproduite et qui le fera repérer par Bernard Lenoir. J’ai 24 ans lorsque ce disque débarque dans mon appartement, et j’en tombe aussitôt amoureux car il suffit d’une écoute pour ne jamais oublier Le courage des oiseaux, Mes lapins ou Passé l’hiver… La progression des morceaux permet à l’oreille de s’adapter au style minimaliste de ce disque que l’on imagine réalisé dans une chambre d’étudiant avec un magnéto quatre pistes et un clavier Casio dont la rythmique enfantine accompagne la voix fluette, lointaine d’un Dominique A qui n’aurait pas envie de chanter plus fort… Il en résulte treize chansons ciselées à la manière de petites bombes sur le point d’exploser, au verbe murmuré et à la fraîcheur assumée ; illustrées de dessins innocents à l’intérieur du livret.

A Silver Mount Zion – Born into Trouble as the Sparks Fly Upward

A Silver Mount Zion est une formation canadienne créée en 1999, à l’origine par les membres de Godspeed You! Black Emperor, un autre groupe représentatif de Constellation Records. J’avais acheté ce disque à la suite de ma découverte de Mogwai, désireux d’approfondir les méandres du post rock. Un genre qui porte bien son nom : après le rock mais encore dans le rock, car ce sont bien des guitares que l’on y triture… Intitulé Born into Trouble as the Sparks Fly Upward, ce second album paru en 2001 s’inspire du Livre de Job et nous entraîne dans une lamentation où les violons peuvent être lourds et les chants d’Apocalypse, en particulier sur C’mon Come On ; pour autant on n’a pas l’impression d’assister à une pleurnicherie car derrière l’énergie du désespoir se cache une force inapprivoisée… L’édition digipack est magnifique, qui contient un dépliant intitulé The Failure of one Small Community, avec des illustrations mêlant la photo et le dessin.

A Reminiscent Drive – Ambrosia

Un de ses premiers morceaux a été jugé digne de figurer sur la compilation Musiques pour les Plantes Vertes, mais l’on ne saurait en rester là si l’on veut saisir toutes les nuances de Jay Alanski… Paru en 2000, Ambrosia foisonne. S’y mêlent voix murmurées, énoncées dans de multiples langues comme sur le titre éponyme, bruitages variés et répétés avec Unconditional Love comme un Steve Reich qui donnerait dans le format court ; ou bien nappes lentes suivies d’enchaînements touffus en écho aux mélodies lancinantes, telles Traveling Soul ou Smokey Mountains… Ici un piano incertain, surgi de nulle part le temps d’une poignée d’accords, là un synthé lancé à vive allure, de quoi évoquer Air ou Mellow mais peut-être encore davantage Alpha… Les paroles ont été imprimées dans un livret de seize pages sur papier glacé ; un album à écouter en train, la tête appuyée contre la fenêtre.

A Certain Ratio – To Each…

Fondé en 1978 par Simon Topping et Donald Johnson, A certain ratio est le premier groupe à avoir signé auprès du label Factory. Heureux hasard de l’alphabet, qui fait commencer cette discothèque sur un album aussi mythique, dont l’édition digitale cote parfois davantage que la version vinyle. Qui a dit que le cd n’était pas un objet de collection… Paru en 1981, sa couverture reproduit une peinture chamarrée à l’image de l’univers que l’on s’apprête à défricher ; tribal est le mot qui vient à l’esprit devant ces plages instrumentales où s’immisce une voix rappelant Ian Curtis, l’esprit des Talking Heads n’étant pas loin… Entre les trompettes en cascade, les guitares syncopées de The Fox et les douze minutes de percussions de Winter Hill, prémonitoires du meilleur de la new wave, To Each entraîne l’auditeur dans une spirale pouvant nécessiter un temps d’adaptation. Mais au final, quelle claque !