Grandaddy – The Sophtware Slump

Paru en 2000 et entièrement composé par Jason Lytle, le second album de Grandaddy a marqué le début du XXIè siècle de son empreinte désenchantée. J’en limite les écoutes mais c’est à chaque fois une expérience totale, qui n’a rien perdu de sa vérité 19 ans plus tard… On entre dans le vif du sujet avec les mots adressés à « l’homme de l’an 2000 » sur He’s Simple, He’s Dumb, He’s the Pilot ; gravement beau tandis que les paroles conservent un semblant d’espoir, mais le ton change avec Jed the Humanoid et son synthé désolé, son clavier aussi défait que celui ayant servi à créer ce robot qui commet l’irréparable par manque d’affection… La mélodie de The Crystal Lake redonne des couleurs mais dénonce un monde artificiel, et revoilà Jed qui a eu le temps d’écrire un poème (Beautiful Ground) avant de se court-circuiter… Je n’oublie pas le troublant Miner at the Dial-a-View, où s’engage un dialogue avec une machine préfigurant les excès de Google Earth et Siri réunis ; autant de mauvais rêves narrés avec poésie dans un style electro, qui rappellent des épisodes de la Twilight Zone mais aussi OK Computer paru trois ans plus tôt.