Godspeed You! Black Emperor – Yanqui U.X.O.

Avec son iconographie complotiste et ses messages cryptés, GY!BE poursuit sur sa lancée avec ce troisième album paru en 2002, dont la tonalité reste dramatique mais où il y a aussi de l’espace pour moduler le voyage entre rêverie et extravagance… Après un crescendo introductif convaincant sur les deux premiers titres, c’est Rockets Fall on Rocket Falls qui propose la plus belle ascension, où cordes symphoniques et guitares musclées font atteindre un premier palier au-delà duquel tout s’interrompt pour une pulsation inattendue, un battement de cœur à la batterie et à la basse évoquant Steve Reich, suivi d’un éparpillement de trompette jazz, sa cadence funèbre faisant également songer au Memorial de Michael Nyman… Plus éclaté que f♯a♯∞ dont il n’a pas la force de frappe, Yanqui U.X.O. fait penser autant à Last Days qu’au Penguin Cafe Orchestra, le temps d’un album éclectique et défoulant.