Gérard Manset – La Mort d’Orion

En 1970, pour ses 25 ans Gérard Manset offre au monde un chant lumineux et désespéré. Inspiré de la mythologie d’Orion (chasseur devenu constellation), ce concept album s’ouvre sur le titre éponyme qui remplit toute la face A du vinyle, son intro parlée (Giani Esposito) puis chantée (Anne Vanderlove) produisant une douce immersion avant les premiers lâchers de rimes d’un Manset olympien entre sitar et orgues profanes, tumulte de harpes et de flûtes « dans ce monde de prose où tout est mou… » Des cordes soulignent la fin du peuple d’Orion, le temps de retourner le disque où Vivent les Hommes et l’on songe à Léo Ferré le long d’un piano désenchanté (Ils, Le Paradis Terrestre) suivi d’un pot-pourri de voix fanées ; il y a enfin ce mort qui nous parle depuis l’intérieur de son cercueil (Elégie Funèbre), dont les échos annoncent A Short Term Effect… On sort chamboulé de ce ballet psychédélique à rapprocher de Magma, avec les mots du poète en plus et son soin solennel apporté à la production, nos sens éclipsés par un monolithe venu d’ailleurs.