Faust – The Faust Tapes

Insatisfait des résultats de son second album So Far, Polydor ne reconduit par le contrat de Faust qui s’en va signer chez Virgin grâce à Richard Branson, lequel croit en leur potentiel tout comme il va soutenir Tubular Bells ou encore Can à partir de 1975. Publié en 1973, The Faust Tapes est un concept album constitué d’un seul morceau de 43 minutes, parfaitement calibré krautrock dans ses intentions et qui va permettre à Faust de se faire connaître en Grande Bretagne. Qu’il ait été vendu au prix d’un 45 tours y a sans doute été pour quelque chose, la force brute de cet album avant-gardiste ayant fait le reste en s’immisçant dans les têtes à chaque nouvelle écoute, à la manière d’un rêve que l’on poursuit là où on l’avait laissé la veille… Ici tout se déchaîne, les cymbales interviennent à tout-va entre une phrase répétée en boucle et un monologue noyé dans un couloir où des synthés échangent des propos décousus, il existe pourtant une unité derrière ces assemblages évocateurs de Tago Mago pour les moments flippants, et de Frank Zappa pour le déjantage. « J’ai mal aux dents, j’ai mal aux pieds aussi… »