Eurythmics – 1984 (for the Love of Big Brother)

En 1948, avec sa dystopie intitulée 1984, George Orwell écrit son meilleur roman. En 1984, Michael Radford réalise Nineteen Eighty-Four, pour lequel la maison de production Virgin demande à Eurythmics de composer la bande originale. Disque sombre et désenchanté (Winston’s Diary, Julia et Room 101 filent le bourdon les yeux fermés), il est également avant-gardiste dans ses sonorités et ses effets vocaux (Sexcrime, I Did it Just the Same, Doubleplusgood) : du sur-mesure pour Lennox et Stewart qui travaillent seuls et vont livrer leur plus bel album… Il existe pourtant une querelle entre le groupe et le réalisateur qui a prétendu n’avoir jamais été averti de ce projet, demandant de son côté une autre bande son à Dominic Muldowney ; et bien que le film soit sorti en salle avec un mélange équitable des deux contributions, au moment du director’s cut Radford a supprimé toute la partie d’Eurythmics en feignant d’ignorer son impact sur les spectateurs du film original, sans parler de l’adéquation viscérale entre cette musique visionnaire, futuriste et l’histoire qu’elle illustre. Chefs-d’œuvre.