Esbjörn Svensson Trio – Viaticum

Deux ans après Seven Days of Falling, le trio suédois en remet une couche dans la catégorie jazz génial pour tous, en prenant nos oreilles dans le sens du poil dès l’ouverture avec ce Tide of Trepidation propice à l’abandon, une sensation qui dure au gré de The Well-Wisher et se raffermit encore avec la lente gravité de Viaticum… Une mer tranquille où le piano, la contrebasse et la batterie d’e.s.t. flotteraient sur un radeau, nous arrachant un soupir d’aise à l’écoute de Letter from the Leviathan, là encore au-delà de l’érudition mais plutôt à l’égal d’un Pat Metheny, dont on peut faire écouter Offramp et faire mentir juste après celui qui s’était juré de ne jamais aimer le jazz… Henri Texier n’est pas loin non plus, qui comme nous a dû verser une larme ce jour de juin 2008 où l’on retrouva le corps sans vie d’Esbjörn Svensson, victime à 44 ans d’une malheureuse expédition de plongée sous-marine… Le groupe ne s’en remettra pas, mais sa vision musicale revit à chaque fois que l’on écoute un de ses disques.