Dominique A – La Fossette

Né à Provins en 1968, Dominique A monte son premier groupe à 17 ans, et le baptise John Merrick en hommage à Elephant Man, le film de David Lynch. La Fossette est son premier album officiel, si l’on excepte Un disque sourd, une maquette autoproduite et qui le fera repérer par Bernard Lenoir. J’ai 24 ans lorsque ce disque débarque dans mon appartement, et j’en tombe aussitôt amoureux car il suffit d’une écoute pour ne jamais oublier Le courage des oiseaux, Mes lapins ou Passé l’hiver… La progression des morceaux permet à l’oreille de s’adapter au style inouï de ce disque minimaliste, que l’on imagine réalisé dans une chambre d’étudiant avec un magnéto quatre pistes et un clavier Casio, où une rythmique enfantine accompagne la voix fluette, lointaine d’un Dominique A qui n’aurait pas envie de chanter plus fort. Il en résulte treize morceaux ciselés à la manière de petites bombes sur le point d’exploser si l’on écoute les mots, le verbe murmuré. Une innocence et une fraîcheur assumées, illustrées aussi à l’intérieur du livret, où deux dessins d’enfant tiennent une large place.