Dick Annegarn – Approche-Toi

C’est avec ce disque que j’ai découvert Dick Annegarn, l’année de sa sortie et grâce à FIP dont c’était l’un des chouchous, ceci quasiment en même temps que Joseph Racaille, un autre artiste résolument hors norme, et que la radio la plus célèbre pour son sens de l’enchaînement avait coutume de passer aussi. On y retrouve, comme dans les Chansons Fleuves, une prédilection pour la nature et l’eau, la contemplation du monde dans Il pleut ou Crépuscule, mais aussi une attention marquée vers le genre humain, avec cet hymne au poète hongrois Attila Jószef, avant de redevenir plus désinvolte dans Tu mènes ta Vie, que Dick entonne comme s’il était lui-même une trompette de jazz. Par ailleurs on boit, on médite, on désespère et enfin, on existe à cent à l’heure avec ce chanteur qui poète sans souci de faire dérailler la rime. Côté livret, les photos de Jean-Baptiste Mondino proposent un lyrisme de jardin public, entre une mise en abîme optimiste, et ça il fallait le faire, un camouflage aux herbes et des cygnes intempestifs.