Deaf Center – Owl Splinters

Second album de Deaf Center, Owl Splinters amplifie les émotions ressenties six ans plus tôt. L’obscurité s’installe dès Divided, puis l’on retrouve le piano ténu d’Otto Totland sur Time Spent et New Beginning, en immersion totale vers The Day I Would Never Have, où le violoncelle d’Erik Skodvin fusionne avec l’orage dans un embrasement de tentures ; Close Forever Watching emportant vers de lointaines promesses, entre bruissements et lancinations… Si Deaf Center partage avec le genre musical du drone le pouvoir de river l’auditeur en face de gouffres insondables, son dépouillement l’éloigne des banquets baroques de Murcof, sans pour autant le rapprocher des nappes bien mises de Brian Eno… Il est impossible de faire autre chose en écoutant ce disque qui mérite que l’on fasse le noir autour de soi, après avoir allumé une bougie dans un coin de la pièce en guise de veilleuse, comme au cinéma où sans être trop visible, nous aimons savoir où se trouve la sortie.