David Bowie – Blackstar

Paru le jour de son soixante-neuvième anniversaire, Blackstar est le dernier album studio de David Bowie, emporté deux jours plus tard par un cancer du foie. Élaboré en silence, cet écrin testamentaire renoue avec la créativité de son concept album 1. Oustide, même si le but recherché ici était moins l’unité musicale que l’ultime tentative de faire briller toutes les facettes du plus glam des expérimentateurs de la pop britannique… Le titre éponyme signe une entrée en matière affolante, dix minutes où sont égrenés l’apaisement et le chaos, l’étranglement d’un saxo également présent sur le très convaincant Lazarus avec son introduction à la Disintegration, tandis que Girl Loves Me abonde de mots inventés par Anthony Burgess dans son roman Orange Mécanique. Un album où rôde l’amour et le souvenir, terminé par I Can’t Give Everything Away et son clin d’œil à l’harmonica vers l’incomparable Low de 1977… Noir et transparent, Blackstar est un adieu en forme d’apothéose, un fragment tombé de l’espace qu’il faut découvrir dans son édition digipack, au livret à la beauté crépusculaire.