Daniel Balavoine – Sauver l’Amour

La petite phrase en page 2 du livret résume bien l’avance dont disposait Balavoine en 1985, lorsque paraît Sauver l’Amour : « Cet album a été fait en juin à la maison. » Il était parmi les premiers Français à utiliser l’informatique musicale, et nous offre neuf chansons ciselées comme un seul diamant, allant à l’essentiel dans des textes aussi purs que Petit Homme Mort au Combat ou Aimer est plus Fort que d’être Aimé, évoquant l’amour et l’espoir d’une vie meilleure pour les déshérités. Sa voix est à l’aise dans tous les registres, les recherches sonores sont originales mais la musique reste toujours accessible, un alliage détonant qui aurait pu l’entraîner beaucoup plus loin, si ce jour de janvier 1986 le sort ne s’était pas emmêlé les pinceaux. Je me revois apprenant la nouvelle en rentrant du lycée, cinq mois plus tard c’était Coluche qui disparaissait. Autre esprit libre et autre accident stupide ; de quoi quitter l’enfance un peu trop vite, quand on a 17 ans…