Pépère

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Livre enthousiasmant, désespérant. Ecrit à l’ancienne. Le jour où il passe le cap des cent ans dans sa maison de retraite, de déroute et de débandade, Albert Binot s’aventure dans la rédaction d’un journal de bord. Il a été libraire, il a tenu la librairie Quai des Binot à Strasbourg (l’auteur est strasbourgeois). Il a aimé les livres, il a fait partager son amour, il aime encore les mots, qui ne vieillissent pas. Jour après jour, datant ses pages comme des ans qui s’accumulent, il revient sur sa vie. Sa grande passion de jeunesse, sa femme attentionnée, leur enfant perdu, sa voisine de chambre qui ne le reconnaît plus toujours. Au rythme d’un centenaire, Albert Binot écrit pour son arrière-arrière-petit-fils, celui qui ne vient pas le voir par devoir et lui parle de l’avenir. Mais l’avenir n’a pas de sens quand les livreurs de pizza, ces trompe-la-mort à scooter, n’ont aucune chance de finir centenaires.

L’Alsace, P.M.

roman
144 p.
Editions l’Une & l’Autre
ISBN 2357290633

Otto le puceau

Sous la plume de Christophe Spielberger, la succession des événements se structure en une sorte de ronde menée par des mouvements de séparations et de rencontres entre les personnages (Otto et sa soeur Nathala, Otto et Lucie la jeune vierge du village, Otto et Commodo le jeune homme du même village, accessoirement Nathala et Colas qui attend sa petite amie sur la « Brave Côte ») : comédie-ballet, épopée dérisoire, lanterne magique, prisme multiple où la variété des points de vue va de pair avec la diversité des tons. Otto, spécialiste en « alterologie », est animé par la curiosité des autres (et la curiosité de soi), les titille et les tarabuste pour les faire réagir, ces hommes qui ont aussi les qualités et les défauts des animaux ; mieux se connaître, et par là construire un univers où tout peut advenir.

Sitartmag, Jean-Pierre Longre

roman
264 p.
Editions Florent Massot
ISBN 2845880790

La vie triée

Une suite de mémorandums à la fois denses et fulgurants, comme autant d’expériences, de corps-à-corps avec soi, les autres, l’écriture, le temps. « Et l’on commence à y voir clair. Et l’on est tenté de dire que la vie est fraîche. Et l’on s’imagine que la nuit sera vraie. Et l’on se trompe de beaucoup. » Le tout ponctué d’aphorismes, en plus, souvent brillants comme il se devait, que l’on pourra lire et relire en s’introduisant par n’importe brèche, par exemple entre deux lettres. A la lettre F, prise au hasard, ceci encore : « Faire un enfant c’est engendrer du cadavre. Fait du schnaps avec mon grand-père. Fait l’inventaire des flacons bien alignés. Fait le poirier. » Le ton est ainsi donné d’un nouveau Gai savoir à sa modeste façon, qu’aimeront bien les Oulipiens et leurs aimables fans s’il s’en trouve encore. Drôle et grave tout ensemble. Douloureux de temps en temps. Grinçant, aussi.

Fluctuat, Kees de Kock

récit
148 p.
Editions Nicolas Philippe
ISBN 2748800214

On part

On part transporte à la fois par sa phraséologie particulière, pour ne pas dire expérimentale, par ses tournures ludiques et enchanteresses. Le lecteur est un peu bousculé par les vingt premières pages, puis prend progressivement goût aux va-et-vient d’une écriture si spécifique… et si attachante. Celui qui accepte d’aller au-delà de la provocation de certaines formules poussant à son extrême la pulsion érotique accède alors à une sorte d’esthétique post mortem profondément bouleversante. On lit Spielberger comme on se jette à la mer : de préférence sans savoir nager car on est assuré par la suite d’être chahuté, tiraillé, fouaillé, ballotté d’une vague terminologique cinglante à une autre dans la houle romanesque qui vous submerge. Un récit sans concession aucune, exigeant et stupéfiant.

Lire, Frédéric Grolleau

roman
139 p.
Editions Zéro Heure
ISBN 2745416596

Touché !

A l’entrée de Touché ! un temps d’acclimatation s’impose au bout duquel, kidnappé, bientôt ébouriffé, suspendu aux virgules comme aux mains-courantes d’un furieux véhicule, on oublie jusqu’à l’idée d’habitude. La surprise se tapit au creux de l’ordinaire pour surgir en cascade ; la sérénité des éléments gronde et pulvérise le bon-sens ; souvenirs et projections s’entrechoquent avec le bruit mat et cruel des collisions temporelles. Sidéral et sidérant, d’une singularité résolument inconfortable, ce « roman à sensations », retournement et clefs syntaxiques, vous poursuit.

La Libre Culture, Marie Baudet

roman
173 p.
Editions du Seuil
ISBN 2020374854