Bright Eyes – Fevers and Mirrors

Fondé en 1995 par le guitariste, chanteur et interprète Conor Oberst, Bright Eyes appartient à la scène musicale d’Omaha, la ville la plus importante du Nebraska, où il est né. Après avoir initié de nombreux autres projets, il est rejoint par Mike Mogis et Nate Walcott, qui deviennent les membres permanents du groupe. Fevers and Mirrors est leur troisième album, qui démarre par un texte dit par un enfant dont on devine qu’il apprend la lecture ; le morceau se poursuivant à la guitare et au glockenspiel, où lentement Conor Oberst pose une voix hésitante, donnant le ton d’un voyage ambigu, tout en secrets… Les accords énergiques, les rythmes effrénés de The Calendar Hung Itself contrastent avec le chanteur à la limite de la dissonance, à force de creuser son tortueux passé ; chaque chanson possède sa propre douleur, grise plutôt que noire où la voix singulière s’impose dans la réverbération lo-fi, derrière l’accordéon, la mandoline ou le piano rétro… Mention à Sunrise Sunset, par contre l’entretien parodique n’apporte rien à cet album déjà égocentrique, lourd des tentures reproduites dans le livret.