Bob Dylan – Blood on the Tracks

Six ans après Nashville Skyline et une incartade avec une autre maison de disque, Bob revient chez Columbia dans l’intention de marquer les esprits. Blood on the Tracks est son quinzième album studio, de facture folk rock mais où l’on retrouve la chère écorchure de sa voix, donnant à Simple Twist of Fate ou Buckets of Rain ce merveilleux accent bluesy. Baroque et désarmé, Dylan signe ici son chef-d’œuvre : Idiot Wind et Lily, Rosemary and the Jack of Hearts sont fascinantes, la première étale des griefs sans doute liés à sa rupture avec Sara, sa compagne depuis dix ans ; la seconde est une litanie rythmée par un orgue enchaînant les quatre mêmes accords, conduisant à un climax incroyable sans même tout comprendre des paroles, lesquelles sont absentes du livret et c’est bien dommage, car à l’égal d’un Brassens les textes de Dylan ont au moins autant d’importance que sa musique… Ensuite il rencontre Jésus (en 1979), donne une centaine de concerts par an depuis 1988 et lorsqu’il a le temps, peint des gouaches plutôt pas mal.