Blonde Redhead – Misery is a Butterfly

Quatre années séparent cet album du précédent, la chanteuse Kazu Makino ayant été victime d’un grave accident de cheval ; traumatisme dont rend compte le premier titre Elephant Woman. Amedeo Pace enchaîne avec son Messenger désabusé vers Melody, comptine soutenue par un clavinet à la légèreté ambiguë… Doll is Mine rendrait mélancolique un supporter de foot, vers l’introduction douce-amère de Misery is a Butterfly, où cordes et piano dialoguent le temps de croiser Falling Man, l’homme qui est en train d’apprendre à tomber… Onze titres où les rêves d’enfance se heurtent à la fragilité humaine ; et si l’on y hurle moins qu’avant, le cri n’en est que plus aigu. L’album se termine par une boule ardente, de reconquête avec Equus pour se remettre en selle… Entre temps le groupe est passé chez 4AD et nous offre un digipack magnifique, doublé d’un livret en carton coloré, orné et troué à deux endroits. Un disque aux entrées multiples, épique et d’une unité bouleversante ; capable comme jamais de fendre l’armure. Un disque dont on n’a pas envie de sortir.