Blonde Redhead – Barragán

En 2014, avec son neuvième album studio Blonde Redhead bouscule à nouveau les certitudes. Barragán commence par une instrumentale pour guitare et flûte paisible mais décharnée, dont on perçoit l’ossature ; Lady M permet de reprendre contact suivi de Dripping qui prépare le terrain miné de Cat on Tin Roof, où Kazu Makino déploie sa gamme habituelle, espiègle, délicieuse et soutenue par une basse envahissante, truffée de bruits aussi ravissants qu’inattendus. Le ton va encore monter sur No More Honey, complainte spectrale avec décrochements de guitare, pour atteindre à la beauté avec Mind to be Had qui rappelle le Sciuri Sciura des débuts ; tandis que Defeatist Anthem est à la même hauteur avec bonds désabusés, lampées de guitare et petits coups de guimbarde incongrus… Quatre ans après Penny Sparkle, BRH ne se contente pas de faire fructifier sa petite étiquette de groupe indie shoegaze ; quitte à dérouter avec ce disque dont les miniatures révèlent sans cesse de nouvelles cachettes, quitte à incommoder les pseudo-critiques qui éreintent un album après l’avoir écouté une demi-fois le jour de sa sortie.