Blonde Redhead – 23

En couverture du digipack, une joueuse de tennis à quatre jambes embossée sur un fond vert céladon. Une fois déplié, 23 apparaît au milieu d’un triptyque entièrement jaune. Ni livret ni inscription, ni playlist : pour son septième album, Blonde Redhead cultive le mystère dans la tradition du label 4AD… Entièrement produites par leurs soins, dix chansons vont osciller entre le lucide et l’acidulé ; Kazu Makino se montrant féérique sur Dr. Strangeluv et Heroine, puis soudain brisée avec le même naturel, échouée le long de The Dress ou My Impure Hair… Et comme on ne change pas une recette qui affame, Amedeo Pace procède de la même manière : plein d’entrain avec SW, vacillant sur Spring and by Summer Fall et carrément glacé dans Publisher. Nous revoilà en présence d’une bombe à retardement, mille-feuille musical révélant sa profondeur au fil des écoutes, entre guitares pêchues et clochettes naïves, synthés lugubres et une batterie qui flirte avec la cold wave… Infiniment désirable, et bien que l’on soit un petit cran en dessous du précédent, 23 hante longtemps.