Black Sabbath – Master of Reality

Le troisième disque de Black Sabbath commence par une quinte de toux du guitariste lors de l’enregistrement de Sweet Leaf, une ode aux drogues douces et une facétie pour ouvrir cet album hard et culte. Mais ce sont les pistes 3 à 5 qui le rendent mémorable, avec Children of the Grave entouré des instrumentales acoustiques Embryo et Orchid. Un morceau engagé, prophétique et pacifiste au son lourd, unique entre tous car lié à la façon de jouer de Tony Iommi, qui pour compenser la mutilation accidentelle de deux doigts dans une usine pendant sa jeunesse, dut faire preuve d’imagination en adaptant son instrument à l’aide de cordes plus souples, moins tendues et sonnant naturellement plus graves. Il paraît que le sous-genre doom viendrait de là, mais je préfère me souvenir que les Black Sabbath ont su conserver un côté rock’n blues, mêlant toujours à leurs excès l’une ou l’autre ballade bluffante ; comme dans Solitude où Iommi joue soudain de la flûte, et tout le monde se retrouve assis dans la prairie parmi les hippies.