Björk – Vespertine

Quatre années ont passé depuis le trip à l’épreuve des saisons, Homogenic en manteau de velours. Assimilée aussi sa collaboration corps et âme avec Lars von Trier, Björk nous revient sans tourment apparent, avec un opus doté d’une force de régénération contagieuse… Entourée à son habitude de musiciens talentueux, comme Matmos ou le Danois Thomas Knak, mais aussi d’un orchestre de chambre qui lui permet de continuer à cultiver ce savant mélange entre classicisme et avant-garde, Hidden Place et ses chœurs vaguement liturgiques en étant une première incarnation, ou encore Harm of Will. Mais l’intérêt de cet album est plutôt dans les titres mêlant les carillons de Frosti ou les bruits faits maison d’An Echo, A Stain ; et bien sûr du morceau qui soutient tout l’album : Pagan Poetry ou une déclaration d’amour païen, hymne à la joie dont les envolées vocales donnent la chair de poule. Pour autant, contrairement à ce que veut nous faire croire son étymologie, Vespertine n’a pas grand-chose de crépusculaire ; mais à défaut de posséder une forte personnalité, c’est un album d’une grande générosité.