Bark Psychosis – Hex

Formé à Londres en 1986, Bark Psychosis est un des premiers groupes à avoir été qualifié de post rock. Ils enregistrent Hex fin 1992, en partie dans une église. Selon Graham Sutton, chanteur : « l’espace et le silence sont les outils les plus importants en musique. » Avec The Loom on décolle sur un piano mélodieux, les cordes suivent en douceur, flattées par une voix posée, des percussions légères s’animant sur la fin, vers A Street Scene qui nous entraîne dans un riff de basse où se déchirent quelques accords lointains ; la voix soudain s’efface, laissant le morceau s’éteindre le long de guitares ralenties… Orgue Hammond, vibraphone, mélodica, la palette est vaste sur ce disque où chaque instrument arrive à point nommé, dans un déroulé ininterrompu de textures fertiles, que l’on apprivoise au fil des écoutes. La mélancolie sur Absent Friend, l’anxiété avec Eyes and Smiles ou l’abstraction du Pendulum Man, conclusion fugace de cet objet musical non identifié. Hex vous jette un sort, Hex côtoie parfois les Talk Talk, eux qui dès 1988 entamaient l’un des plus beaux virages de l’histoire de la musique.