Bark Psychosis – Codename: Dustsucker

Dix ans après Hex, les très attendus Bark Psychosis reviennent avec un album au titre alambiqué ; mais qu’importe le flacon quand on a la distillerie, et que Graham Sutton a eu la bonne idée d’inviter Lee Harris, percussionniste des Talk Talk. Plus ouvert au monde que son prédécesseur, Dustsucker n’en est pas moins capable d’avaler l’auditeur dans un torrent brûlant. Avec The Black Meat et ses accents cold wave nourris de cuivres, ou les voix troubles de Burning the City suivies de l’écho persistant d’INQB8TR, 400 Winters où vibraphone et piano font la course dans le noir ; on pense à Tortoise mais la couleur de cet album à écouter tard dans la nuit est unique, à distorsion invariable vers un verre de son alcool favori… Où tout semble en retrait, où les plans échappent, se cherchent et se fuient sans arrêt… Quant à Rose qui termine l’album, je connais peu de morceaux aussi abyssaux. Il n’est d’ailleurs pas possible de se coucher après ce disque, la seule chose à faire est de le repasser immédiatement. Ou bien Hex. Nuit blanche.