Alain Bashung – Play Blessures

Gare à l’inflexion, Bashung ne s’en laisse pas conter et digère mal la perspective de devenir une machine à tubes, au point de prendre ses distances avec l’ami Bergman, lui préférant Serge Gainsbourg qui coécrira la plupart des textes de Play Blessures. Un postulat radical amplifié par le choix d’une musique avant-gardiste pour l’époque, surfant sur la vague new wave pour mieux s’y noyer, le dénuement qui règne ici évoquant plutôt le style cold wave, loin des synthés proprets d’Indochine et consorts. Ça commence avec C’est Comment qu’on Freine, auquel les radios FM s’étaient tout de même raccroché, prochain arrêt Volontaire suivi de la lente descente vers Martine Boude, indomptable Lolita, sans oublier Junge Männer qu’on ne peut pas s’empêcher d’écouter deux fois de suite. Mais j’évoquerais aussi les instrumentales Prise Femelle et Procession, qui montrent avec quel naturel Bashung parvient à installer des ambiances efficaces, offrant de petites respirations le long d’un parcours sur la corde raide. Il y a les paroles dans le livret, côté photo c’est Mondino qui s’y colle.