Massive Attack – Danny the Dog (bande originale)

En 2004, Massive Attack signe la bande originale du film Danny the Dog, réalisé par Louis Leterrier d’après un scénario de Luc Besson. Dans cet album à vocation illustrative, les vignettes les plus brèves sont souvent les plus réussies (Confused Images, P is for Piano), en petites touches mnésiques à la manière de Ryuichi Sakamoto… L’air techno d’Atta Boy et les accords électriques de One Thought at a Time rappellent les péripéties de cette histoire filmée à la façon d’un dessin animé, où Danny « dressé pour tuer comme un chien » a un passé presque aussi lourd que le film… You’ve Never Had a Dream sort du lot avec son piano perdu dans la brume, il y a aussi la chanson titre Danny the Dog, où l’on retrouve à peu près l’esprit de Massive Attack, en conclusion de cet album sans véritable personnalité.

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Massive Attack – 100th Window

Cinq ans après l’escarpée Mezzanine, Robert Del Naja dit « 3D » est le seul membre fondateur à avoir ouvert son parachute, qui revient avec 100th Window. Quatrième opus de Massive Attack, il se démarque de ses prédécesseurs en évitant tout pillage sonore, appliqué à façonner des paysages electro élégants, trip hop en demi-teintes où les angles tranchants ont été soigneusement arrondis… Fidèle au poste, Horace Andy nous fait un câlin avec Everywhen et Name Taken, mais c’est Sinéad O’Connor qui lui vole la vedette avec sa voix parfaitement adaptée à la douceur du disque, tour à tour céleste (What Your Soul Sings), amoureuse (Special Cases) et maternante (A Prayer For England)… Del Naja balance une pincée de poivre avec Small Time Short Away, secondé par Damon Albarn le long d’arpèges en apesanteur, l’ampleur est toujours là mais ce n’est plus la quatrième dimension, comme si à tout vouloir maintenir un octave plus haut, 3D s’était émoussé à la sortie de la fosse aux serpents.

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Massive Attack – Mezzanine

Mezzanine est une déclaration d’amour à la musique. Troisième album de Massive Attack, il paraît en 1998 et pour avoir fusionné en une seule potion la cold wave et le trip hop, mériterait une étiquette à lui tout seul… Avec son rythme lancinant et sa guitare pâteuse, Angel impose une rupture éclatante dès l’ouverture. Un duo sulfureux plus tard (Risingson), l’apparition d’Elisabeth Fraser sur Teardrop donne envie de croire aux miracles, suave à la surface d’un piano grave. La chanson est affolante, enregistrée en studio le jour de la disparition de son ami Jeff Buckley… L’instrumentale Exchange est parfaite pour assister à un lever de lune, elle précède Dissolved Girl où la basse dévore, la guitare surnage et Sara Jay décoche des mots éperdus vers Man Next Door, un cauchemar de voisinage incarné par Horace Andy, dont la noirceur est rehaussée par un sample de 10:15 Saturday Night des Cure. J’y frissonne à chaque fois… Black Milk voit le retour de Fraser se réverbérant sur fond de bourdons, puis en araignée endimanchée avec Robert Del Naja (Group Four)… Viscéral et rassasiant, avec un sens consommé de l’enchaînement, vingt ans après sa création Mezzanine reste incomparable.

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Massive Attack – Protection

Paru en 1994, Protection est le second album de Massive Attack et s’ouvre avec le titre éponyme, où la voix enjôleuse de Tracy Thorn donne le ton d’une production plus electro. Tricky est aux manettes du ténébreux Karmacoma et ses samples multiples, incluant un chant de gorge précédemment utilisé par The KLF… Better Things est downtempo et fait songer à Morcheeba, sur Weather Storm le piano de Craig Armstrong offre un intermède aérien tandis que la respiration lente et continue perçue tout au long de Heat Miser complète la palette de ce disque où Massive Attack mêle une dernière fois des influences allant du hip hop au R&B, de la lounge au trip hop avant que ce dernier ne devienne leur genre de prédilection… À noter que le livret sur papier glacé est graphiquement réussi, et que l’album se termine par une  version dub et anecdotique de Light my Fire.

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Massive Attack – Blue Lines

Formé à Bristol en 1988 autour de Robert Del Naja, Grant Marshall et Andrew Vowles, Massive Attack est un groupe britannique précurseur de la musique trip hop. En 1991, trois ans avant Dummy de Portishead, ils s’adjoignent les services d’Adrian Thaws (plus connu sous le nom de Tricky) et de la chanteuse Shara Nelson, et publient leur premier album Blue Lines chez Wild Bunch… L’ambiance est hip hop et l’on rappe à l’envi (Blue Lines, Daydreaming), des racines soul émergeant de Be Thankful For What You Got. Le son enveloppe à la manière d’une sauce longtemps mijotée, Five Man Army invite les voix d’Horace Andy et de Tricky pour un duo du tac au tac, avant que la grâce de Shara Nelson ne s’immisce entre les cordes samplées et le cliquetis d’Unfinished Sympathy… Hymn of the Big Wheel termine ce premier tour de chauffe, avec Horace Andy à la météo et un groove maîtrisé sur tout l’album, annonciateur de plus grandes dévastations.

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Powerdove – Do you Burn?

Powerdove est le nom d’un projet de folk expérimentale créé en 2007 par la compositrice et chanteuse Annie Lewandowski. Elle écrit ses premiers albums en solo, à la fois pianiste, accordéoniste et guitariste avant de solliciter les musiciens John Dieterich et Thomas Bonvalet, devient trio et publie Do you Burn? chez Murailles Music en 2013. L’album commence avec un son aigu de 20 secondes (Fellow) auquel s’ajoute la stridence d’un piano trituré, informant d’emblée sur la nature de la croisière. Le titre éponyme tiraille avec ses boucles à l’harmonica, California s’enivre et noie entre des cordes rouillées, le banjo de Red Can of Paint nous ouvre la tête et avec Out of the Rain on est presque a capella ; car Powerdove c’est aussi une voix capable de mélodies acérées (Love Walked In) et tranquilles (All Along the Eaves)… Dépouillé comme Herman Düne et aussi pétulant que Liesa Van der Aa, entre la pudeur de Stina Nordenstam et le lyrisme de Linda Perhacs, Do you Burn? ne dure que 30 minutes mais on en prend pour la nuit.

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