Underworld – Second Toughest in the Infants

Deux ans après Dubnobasswithmyheadman, le quatrième album d’Underworld installe un peu plus le trio gallois dans le cercle restreint de l’intelligence dance music, aux côtés de The Future Sound of London et Orbital… On attaque avec le fastueux Juanita/Kiteless/To Dream of Love, hypnotique où s’échelonnent des tensions réminiscentes du rock progressif. D’une douceur ouatée, Air Towel prend le temps de nous faire décoller, la voix délayée de Karl Hyde surgissant parfois derrière un nuage. Quant à Pearl’s Girl, elle réserve une cascade de breakbeats où se mêle une logorrhée fascinante… Équilibré entre instrumentales et couplets atmosphériques, Second Toughest in the Infants ne laisse aucune place à l’ennui, dont la réédition contient les versions originales de Born Slippy .NUXX et de Rez. Rien que ça !

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Underworld – Dark & Long (ep)

La première fois que j’ai entendu de la trance, l’utilisation particulière de la boîte à rythmes m’a fait penser au bruit que faisait la trancheuse à pain industrielle, à la cantine de mon collège… J’ai découvert Underworld avec l’album Beaucoup Fish, m’intéressant ensuite à tout ce qui a précédé, y compris certains ep comme ce Dark & Long paru dans la foulée de Dubnobasswithmyheadman. Prolongeant le plaisir de leur opus initiatique, il permet d’avoir le fabuleux Dark Train dans son intégralité, second morceau maître après Born Slippy .NUXX dans le film Trainspotting, et qui ne figure pas sur la bande originale… Les étendues de Thing in a Book dispensent une retraite acidulée et Spoon Deep tranche un grand nombre de pains, Dark Hard nous rive dans un espace lounge tandis que Burts percute amplement ; une récréation de choix en attendant leur quatrième album.

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Underworld – Dubnobasswithmyheadman

Après cinq ans de mimétisme synthpop, Underworld décide enfin d’arrêter d’essayer de ressembler à Eurythmics qui font ça beaucoup mieux. Fin 1992, Karl Hyde et Rick Smith se sortent les doigts du col et recrutent Darren Emerson, un jeune DJ venu du hip hop et de la scène techno émergente. Avec sa façon unique de combiner dub et house, avec son sens inné de la transition il est à la source de Dubnobasswithmyheadman, le troisième album d’Underworld paru en 1994… Gare à la mue : en rupture totale avec ce qu’ils ont fait jusqu’ici, ce flux de 70 minutes ressemble à la création d’un genre, d’une manière aussi inattendue que Talk Talk lorsqu’ils prendront la direction du post-rock en 1988… De l’impétueuse déclaration aux gratte-ciel inspirée par Lou Reed (Mmm Skyscraper I Love You) au morceau inaugural Dark & Long, du satiné Dirty Epic au polychromique Cowgirl, Underworld fait sien un champ musical qui n’était alors certes pas nouveau, mais avec une conviction annonciatrice de chef d’œuvres.

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Underworld – Change the Weather

Second et dernier album de la période rock’n pop d’Underworld, Change the Weather est bruyant (Mr. Universe), volontiers paresseux (Stand Up) et plutôt fouillis (Mercy). Si Karl Hyde se rapproche parfois d’Inxs, le cœur n’y est pas, ruiné par une instrumentation bavarde à de rares exceptions : Original Song et son refrain hypnotisant, Fever où le batteur est extatique à bon escient, Sole Survivor où les riffs harmonisent un chant enfin incarné… Pour le reste c’est de la new wave synthétique sans âme, encore plus éloignée qu’avec Underneath the Radar de ce qu’ils vont incarner cinq ans plus tard. Un opus aussi bref que dispensable, un cas d’école à réécouter les soirs de doute, histoire de se rappeler qu’en musique comme ailleurs, rien n’est écrit d’avance.

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Underworld – Underneath the Radar

Créé en 1987 à Cardiff, Underworld est un groupe de musique électronique britannique composé de Karl Hyde au chant et à la guitare, Rick Smith aux claviers, Bryn Burrows à la batterie et Baz Allen à la basse. Ils vont connaître la gloire avec Born Slippy .NUXX en 1996, morceau culte de trance progressive bouclant le film Trainspotting de Danny Boyle, mais l’aventure démarre huit ans plus tôt avec l’album Underneath the Radar, curiosité datée dont les accents synthpop n’ont pas grand-chose à voir avec ce qui deviendra leur signature sonore… La pochette est kitschissime, la basse slapée (Glory! Glory!) et les synthés funk (Bright White Flame), entre A-ha et Dead or Alive on se demande comment ils vont réussir à faire un si grand écart ! Deux chansons pourtant font figure d’indices qui ne trompent pas :  Bright White Flame où la voix de Hyde se marie bien à un rythme répétitif, enchaîné avec le bouleversant Pray, ses samples en ouverture et son synthé new wave qui enveloppe, le temps d’un premier album anecdotique mais précurseur.

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Kaffe Matthews & Hayley Newman – Pointy Stunt

Pointy Stunt compte parmi les cd les plus indomptables que je connaisse, faisant passer 20 Jazz Funk Greats pour une symphonie et reléguant I’m Sitting in a Room à une récréation grand public. Née dans l’Essex, Kaffe Matthews est une compositrice britannique de musique électronique, spécialisée dans l’improvisation sur scène depuis les années 90… Elle publie Pointy Stunt chez Lowlands en 2000, regroupant trois performances enregistrées à Vienne et Londres aux côtés de la plasticienne Hayley Newman… Dans les 11 Suits se succèdent bruitages en sourdine et accidents électriques, parfaits pour un lavage de cerveau renouvelable aussi souvent que nécessaire ; Shoes dure 24 minutes, ambient et aussi paisible qu’un album de Brian Eno privé de mélodie ; les 14 Scales étant plus animées, avec des bruits d’eau et de craie, de bulles de savon suivies d’une imitation de mouche puis de vache… Se souciant aussi peu de son auditoire qu’un chat de sa maîtresse, entre beauté du geste et spontanéité absolue Pointy Stunt ne ressemble à rien.

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Compilation – New Wave vol. 2

Dans la foulée d’une première édition très accomplie, Polygram enchaîne avec 18 nouveaux incontournables des années 80, permettant de rafraîchir la liste de nos souvenirs… The Reflex est bienvenu mais pour Duran Duran je continue de recommander l’album Rio, Wang Chung et Dance Hall Days s’impose de même que Send me an Angel de Real Life ; il y a même une incursion de Johnny Rotten avec This is Not a Love Song (but of course son titre le plus policé), et aussi les Australiens Ice House avec Hey Little Girl… Change des Tears for Fears mérite d’être redécouvert sur l’album The Hurting, de même pour Sweet Dreams d’Eurythmics, Sounds Like a Melody d’Alphaville et What is Love? de Howard Jones ; mais en fin de compte ce sont les Buggles qui décrochent la plus belle madeleine, avec Video Killed the Radio Star et Trevor Horn qui chante comme s’il téléphonait du futur. « We can’t rewind, we’ve gone too far… »

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Compilation – New Wave vol. 1

Aucune faute de goût sur les 19 chansons regroupées sur ce cd,  ce qui tient de l’exploit et en fait une valeur sûre pour un aller retour vers les années 80. Avec ces classiques dont on a depuis acheté les albums complets (Enola Gay, Sexcrime, Such a Shame, Smalltown Boy, Bostich, Don’t Go, Blue Monday, Big in Japan, Love Will Tear us Apart, Planet Claire, Peter Gunn, Shout) ; mais aussi ces groupes dont on veut seulement retrouver les tubes : Ultravox (Dancing with Tears in my Eyes)Visage (Fade to Grey), Blondie (Heart of Glass), Secret Service (Flash in the Night), Killing Joke (Love Like Blood)… Avec sa chaussure Dr Martens décorée aux couleurs du Royaume-Uni et son câble de guitare en guise de lacets, ce disque Polygram garantit 77 minutes d’éternité pour les anciens, et de révision des fondamentaux pour les jeunots.

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